Rudy Ricciotti vs Yves Ballot & Nathalie Franck, Equerre d'Argent 2007

Avec l’annonce des récompenses de l’équerre d’argent 2007, le débat est lancé!

D’un côté deux architectes, lauréats, enseignants à l’école d’architecture de Bordeaux, don’t j’ai souffert l’enseignement en passant, qui m’ont permis, parmi quelques autres, de comprendre et d’apprécier l’architecture, sans forcément qu’elle se présente habillée de verre sérigraphiée. Et de l’autre, les agitateurs, autour du très gauchiste, mais non mois fumeur de cigare, Rudy Riccoti, architecte turlupin. Ce dernier, plutôt fantaisiste s’est donc empressé d’annoncer que du haut de leurs nazins, lui et sa centaine d’architectes vedettes, recuits d’expressionisme structurel et autres gesticulations, allaient bouder le moniteur. Faut pas déconner Rudy n’a même pas été mentionné. Cette année, pas d’image dans amc pour noël! c’est dommage, je commençai à avoir une belle collection…

L’heure est grave, le groupe a même crée un blog pour (se faire le pub?) pour en parler. Le Moniteur, donc, organisateur de ce prix d’architecture, est montré du doigt pour son discours “réducteur” sur l’architecture.
( . Dans ce contexte orageux, quelques audacieux personnages, font de la verve avec éloquence, d’où mon soucis, d’éviter ici les fautes d’orthographes. François Roche, par exemple, toujours prompt à balancer grand-mère dans les orties, coiffe la bande des 100, du coliquet de “100 faux-cul” et rappelle que l’architecture de ces agences “frondeuses” fonctionne à peu de chose près comme l’imprimerie de Guttenberg. Loin de moi l’idée de relayer ces propos excessifs, je suis encore trop jeune pour ne pas chercher à me faire une place au soleil. (cliquer ici pour lire ce brocard épicé).

Vous l’aurez compris, il s’agit ici de tenter de définir l’architecture audacieuse... pour alimenter le débat. ;) Aussi, je vous propose quelques photos des deux bâtiments suivants:







Ecole Nuyens , Bordeaux, Quartier de la Bastide. Une école pour de enfants. Equerre d’Argent 2007. Nathalie franck et Yves Ballot.




Pavillon Noir, Centre chorégraphique d’Aix-en-Provence. Une esthétique de l’aléatoire et du coloriage. Rudy Ricciotti

Ces deux bâtiments reflètent clairement deux visions différentes.

D’un côté, vous pouvez apprécier l’école de Nuyens, où les architectes ont fait le choix de conserver une trace de l’existant, dans un quartier en plein boulversement, où le neuf remplace d’ordinaire l’ancien. Ici cependant, ce sont autour des deux bâtiments existants que les architectes ont choisi de travailler. En proposant une structure métallique fine (je vous invite à vous rendre compte par vous même sur place), qui se développe pour former salle de classes, espace de circulation ou bureau, ils ont su donner une force et une âme à cette école. Les vues sont maitrisées, judiceusement cadrées sur le parc botanique voisin ou sur la Garonne. Le paysage alentour fait parti du projet, il l’accompagne, et les enfants peuvent à loisir en profiter. Les perspectives sont disciplinées, au service d’une véritable promenade architecturale, et là où le métal pourrait commencer à s’essoufler, la pierre ravivée, vient rechauffer de se présence rassurante. Contraste audacieux, au service d’une architecture judicieuse. L’école est déjà appréciée des enfants.


Et de l’aure côté, vous pouvez voir la réalisation de Ricciotti, où se mélangent l’héritage de la pensée structurelle d’un Toyo ito, et sa volonté de boulerser le réel. D’une austérité malicieuse, ce bâtiment se propose d’accueillir des ballets de chorégraphie, à grande échelle. C’est dans l’artificiel et l’apparence d’un objet monolithique mystérieux et déconstruit que rudy pousse la note. Celui-ci plaira certainement aux touristes en mal de Guggenheim dans la région, mais cela reste à mes yeux, une bien belle provocation de formes et de couleurs dans un paysage (la provence) qui n’avait pas besoin de portes jarretelle pour se faire connaitre. Et après plus d’une trentaine de modélisation 3D, le bâtiment fait réagir ses utilisateurs: “l’architecture extérieure est très belle, mais l’architecte n’a pas daigné prendre en compte sa destination: une communauté éducative”, “coins et recoins rendant difficile la surveillance”, “rétrécissements à des passages voyants défiler des centaines de personnes en quelques minutes”, “CDI invivable dès les premières chaleurs (pas de fenêtre), etc. (source: journal régionnal “Le Ravi”, 8 avril 2007).


Il est temps de passer aux lauréats au coeur de cette polémique, à présent. Ils s’expriment dans un article “Débat sur l’Equerre d’Argent: le point de vue des lauréats”
. Il va s’en dire qu’à la lecture de cette réaction, il me faut me confier à vous. Je ne retiendrai qu’une seule phrase, qui démontre parfaitement l’absence totale de fondement de tous ces détracteurs; “Il va de soi qu’une architecture du quotidien se doit d’être ambitieuse” ! ola ! Là où beaucoup pense à tord, que le travail sur la “quotidienneté” d’Yves Ballot et Nathalie Franck se résume à une retenue et à une absence, ces derniers répondent humblement, qu’ils ont été ambitieux… Ceci est tant paradoxal, et tellement énigmatique pour les “100 faux-cul” don’t parlait F.Roche, qu’il ne leur reste plus qu’à retourner à 3Dmax.
En attendant qu’ils se décident un jour, le fossé entre l’architecture et le public grandit.
Nous arrachons à nos campagnes, le peu de vérité qui y subsiste. Nous muséifions nos villes, comme pour mieux éviter d’en tirer les leçons. Nous innondons nos périphéries de pavillons dégénérés . Nous sécurisons nos villes et nos quartiers les plus riches.
Et le pire dans tout ça, c’est que les seules enclaves d’expression architecturale qui nous restent aujourd’hui, sont parasitées de gesticulateur. Alors l’ordinnaire et le quotidien, moi, ça me convient. Surtout quand il est dessiné avec tant de délicatesse et de plaisir que l’école de Nuyens.



Des souvenirs.
“Si le soleil entre dans la maison, il est un peu dans votre coeur.” LC.

1 commentaires:

jean-christophe a dit…

Entre l'architecture comme mode de communication (Hé, vous avez vu cette putain de prouesse que JE viens de bâtir, I'm a genious…) et une posture plus modeste qui consiste à répondre essentiellement aux besoins du projet, je choisis cette dernière…

Je n'oppose pas ces deux approches, je préfère celle qui sert les usagers à venir.