La Maison Carré, 1959, Alvar Aalto, Bazoche sur Guyonne.




J’ai eu l’occasion de visiter l’unique bâtiment d’Avar Aalto en France ce weekend. Ca m’économise le billet d’avion pour la Finlande, c’est pas plus mal. Ouverte depuis Août 2007 seulement, cette maison ne se visitera que jusqu’à la fin novembre, pour rouvrir au public au printemps prochain. Ils m’ont précisé cependant qu’ils pouvaient ouvrir pour des groupes d’étudiants, si ça vous intéresse.
A l’avance, je m’excuse pour le peu de photo et pour leur qualité, j’avais pris avec moi un objectif fixe 85mm… spécial portrait donc.
Cette maison unique, aujourd’hui propriété de la fondation finlandaise, regorge notamment de mobilier dessiné par Aalto. Une raison de plus pour la visiter donc. Il s’agit d’une oeuvre particulièrement singulière du travail du maître. On y lit clairement la griffe de l’Architecte: brique, bois laminé, bois courbé, forme organique...

La maison se situe près de la forêt de Rambouillet, dans un parc arboré. Autrefois dégagé, le terrain en pente se prétait volontier à cette longue toiture qui fut la contrainte principale imposée par le maître d’ouvrage, Monsieur Louis Carré, collectionneur et marchand d’art moderne parisien. La maison reflète bien sur le mode de vie de la famille Carré, avec des volumes généreux pour les espaces de réception et une attention toute particulière aux espaces de service. Mais bien que son coût fut pour l’époque élevé, cette maison ne m’a pas paru clinquante ni fastueuse, mais plutôt juste, adapté à la topographie d’une nature accueillante et à l’univers d’une famille huppée.

On accède à la villa par le bas du terrain, en suivant une allée qui nous guide juqu’au côté ouest de la maison. La coupe de la maison s’annonce et se comprends à ce moment là. La transition entre le dehors et le dedans est rythmée par la disparition de la lumière, puis sa réapparition mystérieuse, permet de se plonger pleinement dans la lecture des espaces. La disposition en coupe de la maison est immédiatement perceptible, puisque c’est ici, dans ce hall de réception, qu’intervient la courbe sinueuse du plafond, en bois, nous accompagne en direction du salon. C’est le sens de la maison, vers le sud, vers les larges baies qui cadrent le panorama. Il convient que je vous rappelle qu’à l’époque, le terrain était vierge de tout arbre, alors qu’aujourd’hui, c’est un spectacle différents qui s’offrent à nous. Malgré mes recherches, je n’arrivent pas à savoir si ces arbres ont été planté à la demande de l’architecte, mais il n’empêche que découvrir un tel paysage arboré du fond du hall de réception, et en ne contemplant le bleu du ciel qu’au fur et à mesure de son arrivée dans le séjour, représente pour moi, un vrai sens de la promenade architecturale.

Cette arrivée s’accompagne, comme souvent chez Aalto, d’un précieux emmarchement, qui permet et de créer un effet d’écrasement sur le séjour, et de tendre à accompagner le terrain, dans l’organisation des niveaux de la maison. Je ne saurai vous décrire tous les détails qui font de cette maison de weekend, un hommage à la nature, mais il s’avère que malgré la pluie et le froid, j’ai réellement profité du site. En toute modestie et malgré la profusion de meubles et de matériaux nobles, Alvar Aalto a crée ici, un lieu unique, véritable initiation à l’architecture domestique pour quiconque viendrait à visiter cette demeure.







A voir:
Site internet de la Maison Louis Carré

Je vous conseille vivement la visite de ce site, d'autant plus que je n'ai presque pas de photo d'intérieur.

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