Concours CAUE 17 – La Rochelle, Charente Maritime - Rendu en cours….



Après une belle charrette bien remplie, voici nos 4 panneaux de rendu au concours organisé par le CAUE 17 ; le plan masse, avec nos schémas urbains, le plan RDC et le plan d’étage, comportant coupes et perspectives 3D, et la planche sur les typologies d’habitat, avec extraits de plan, coupes, élévations, éclaté axonométrique et schémas structurels.


Durée du concours : environ 3 mois
Participants : 6 équipes
Coéquipiers:

Sophie BROUSTAL urbaniste
Renaud LOISEL architecte

Camille FLORENT paysagiste

Philippe PEYREFITTE architecte
Organisateur : CAUE de Charente Maritime

Galerie Photos du projet: CLIQUER ICI.
Consultation du carnet au format pdf - cliquer ici.

+ quelques images des typologies de logements:




Lacaton Vassal Bordeaux Bastide & David Pradel – Agora 2008

Le week-end dernier, nous étions tous au H14, à l’occasion d’Agora, notre biennale d’architecture à nous, provinciaux de Bordeaux. Forcément boulevardière, Agora a donné cette année dans le développement durable, avec des interventions remarquées de Jean Nouvel ou encore de Nicolas Michelin. A cette occasion la ville de Bordeaux proposait des visites de réalisations remarquables ou censées l’être. C’est donc dans ces conditions, que nous sommes partis visiter le pôle universitaire de gestion d’Anne Lacaton et de Jean-Philippe Vassal. (Galerie Photo Disponible ici: http://webarchigram.free.fr/archiphotos/universite)

Etant légèrement en avance sur le groupe de visiteurs, nous avons eu l’occasion de rencontrer et de discuter avec David Pradel, l’architecte bordelais qui s’est occupé du projet avec Lacaton Vassal. Grâce à ses explications et à la visite plus privée qu’il nous a offerte par la suite, nous avons pu visiter l’ensemble du bâtiment.

En plein cœur de la ZAC Cœur de Bastide, où cohabitent friches industrielles, échoppes bordelaises et constructions neuves, la construction d’un pôle universitaire regroupant 4 entités (IAE, IUT, IUP et UFR E2), était un enjeu de taille pour la ville. Cherchant à combiner un programme lourd et multiple, les architectes nous proposent ici un seul immeuble ou plutôt un seul groupement d’immeubles très lisible.

Profitant d’une même structure en béton préfabriqué, ce bâtiment se compose en réalité de quatre entités logées chacune aux quatre coins de la parcelle. Chacune d’elles bénéficie également d’un patio intérieur au R+2. Mais la visite s’impose car c’est autour des vides et des failles générées par ce choix d’implantation que le bâtiment trouve toute son originalité.

Avant d’aller plus loin, il faut que je vous avoue que j’ai souvent regardé le travail de ces architectes avec hésitation. Autant les premières réalisations me semblaient porteuses de sens, autant la série Mulhouse, Nantes, Bordeaux bastide et nombres de rendus de concours m’apparaissaient comme l’application systématique d’une doctrine souveraine, au-delà même des enjeux du programme et du site.

Ce bâtiment illustrant à merveille les modes de pratique de l’agence Lacaton Vassal, j’ai pu me faire ma propre opinion. Leur logique économique est ici mise en œuvre avec rigueur : profitant du plan libre généré par la structure en béton rationnelle, le bâtiment trouve sa singularité dans la multiplicité, la qualité et la diversité des espaces supplémentaires générés. Contrairement à tant d’autres confrères, les architectes ne cherchent pas l’éclat dans la mise en place d’une écriture originale, mais dans l’économie de matière qui leur permettra d’enrichir un programme si académique. Ici c’est le plan qui fait le projet.

La mise en œuvre est néanmoins très soignée : béton brut apparent pour la structure, sol en béton quartz ciré uniformément nuancé, plafond filant habillé de tôle d’aluminium, et du verre…. Du verre partout ! Sur les façades sur rue, sur patio, dans les coursives, sur les gardes corps… De quoi faire frissonner un thermicien.

Et pourtant, en découvrant ce bâtiment, j’ai été séduit par deux choses : la lumière et le paysage. Ce verre, si abondant, profite non seulement à la qualité lumineuse de l’ensemble du bâtiment, mais il génère également un rapport au lieu inhabituel. Là où d’autres auraient dessiné un bâtiment-objet de plus à ajouter à la longue liste des « gesticulations urbaines », les architectes, nous proposent ici un paysage. Je n’avais jamais vu le quartier de la Bastide sous cet angle. D’une salle de cours, à une coursive sur patio en passant par les terrasses en façades nord, tout est mis en œuvre pour donner à voir le site. D’ailleurs, dès qu’on entre dans ce bâtiment, on se retrouve dehors. Dans ce grand patio qui manque cruellement de végétation pour l’instant, le bâtiment s’ouvre sur le paysage désolé des anciennes friches ferroviaires avec l’église Sainte-Marie en arrière plan. Le spectacle est entier.

Je sais, vous allez me dire qu’il fait chaud dans un bâtiment en verre. Pourtant, même si nous n’étions pas en pleine canicule, je dois vous dire que j’ai rarement ressenti une telle sensation de confort. Nous étions en après-midi, avec le soleil qui tambourinait du sud ouest, néanmoins, le bâtiment restait frais.

La mise en œuvre des failles et des patios, produit en effet un courant d’air constant qui rafraîchit naturellement le bâtiment en été. Plusieurs dispositifs ont également été utilisés par les architectes comme la mise en place de stores automatiques sur l’ensemble des façades et un système de passage d’eau chaude ou froide en plafond dans les salles. Beaucoup d’entre vous ne seront pas convaincus, je vous invite donc à juger par vous-même.

Et lorsque nous avons demandé à David Pradel si les salles de cours orientées au nord n’étaient pas invivables, il nous a conduit dans les salles les plus prisées du pôle universitaire…. (photo) A vous de juger.

J’aurai bien aimé finir sur un coup de gueule en évoquant les 700 rosiers qui ponctuent le bâtiment, mais je dois vous dire qu’au lieu d’un simple habillage de façade j’y ai lu une relation poétique au paysage d’échoppe environnant… Cette expérimentation de roseraie verticale est néanmoins toujours en étude, mais son évolution se fera, j’en suis sûr, au bénéfice de tous ces étudiants qui habitent aujourd’hui le paysage désolant de la bastide.

Allez, « continuez comme ça, mais arrêtez les brises soleils au nord, ça sert à rien. » ;p

Je vous laisse apprécier le bâtiment au travers de ma galerie de photos: http://webarchigram.free.fr/archiphotos/universite

Opération de 64 logements à Saintes - Babled, Nouvet et Reynaud architectes. (Charente-Maritimes)

Ilot de l’Arc de Triomphe, Saintes

Profitant d’une petite excursion en Charente Maritimes à l’occasion d’un concours d’idée organisé par le CAUE de La Rochelle, j’ai eu l’occasion de m’arrêter à Saintes. Je ne m’étendrai pas sur les qualités de cette petite ville de 25000 habitants, mais plutôt sur une opération de logements que je connaissais de nom, mais que je n’avais jamais eu l’occasion de visiter, l’opération de l’îlot de l’Arc de Triomphe, que l’on doit à Thibault Babled, Armand Nouvet et Marc Reynaud, architectes et urbanistes.

Commandée par la ville de Saintes, à l’issue du concours Europan3, cette opération de 64 logements regroupe 38 logements sociaux collectifs (29 en réhabilitation et 9 en neuf), 26 logements en accession en construction neuve (21 collectifs et 5 maisons de ville), quelques commerces et/ou locaux d’activité et un traitement des espaces publics. Elle a été livrée il y a tout juste 3 ans.

Il s’agit d’un remarquable exercice d’écriture dans l’existant, trop peu connu à mon avis, qui devrait pourtant faire enseignement dans bien des aménagements urbains en cours et à venir.


Profitant d’une géométrie parcellaire en lanière existante, les architectes nous proposent ici une densification d’un cœur d’îlot de faubourg, par adjonction d’une nouvelle typologie d’habitat (maisons sur patio), tout en prenant soin de réhabiliter, ponctuellement, les constructions existantes. De nouveaux logements sont également réalisés, sous forme de collectifs, à proximité du cœur d’îlot.

Les maisons individuelles à patio et sur jardin, initialement imaginées par les architectes sont organisées autour du tissu de venelles, préalablement réhabilité. Toute l’originalité du propos tient dans cette mixité d’intervention, qui enrichie du coup, l’ensemble de l’opération.

Pour en venir à l’écriture architecturale, je dois vous l’avouer, j’ai été profondément séduit. Construire dans l’existant est un acte bien plus délicat qu’il n’y paraît. Bien peu d’architectes y parviennent aujourd’hui, et c’est souvent dans la rupture que les architectes cherchent la continuité.

(En passant, l’intervention pleine de sagesse de Zumthor, au musée Kolumba de Cologne tout récemment, n’est-elle pas révélatrice d’une profonde exigence de continuité ? Dans un tel contexte urbain douloureux, une institution comme celle-ci aurait pu tenter de faire parler d’elle de manière bien nettement plus tapageuse, comme d’autres ont su si bien le faire. On remercie donc Peter pour la prouesse au passage...)

Pour en revenir à notre sujet, c’est bien au travers d’une écriture singulière mais délicate que nos trois camarades ont brillé. Reprenant des détails d’architecture existants déjà dans ce faubourg, ils ont su développer un langage efficace, clairement identifiable, et pourtant si bien adapté. Je vous renvoie à mes photos, sous un ciel nuageux certes, mais qui permettent de se rendre compte de l’importance des proportions et des rythmes dans cette recherche de continuité.

Quand aux maisons de ville, la discrétion y est de mise. La richesse des parcours en chicane, des perspectives, des matériaux et des échelles déjà présents sur le site, ont permis aux architectes d’enfouir leurs habitations dans des petits écrins de verdure, pleins de charme et de tranquillité. Preuve en est, j’ai vu des chats partout. Faisant corps avec les murs de venelles, ces maisons à patio ne trahissent leur présence que par d’élégants bandeaux de bois, délicatement posés sur les murs en pierre. La hauteur de ces derniers préserve cependant les maisons des curieux dans mon genre.

Cette opération illustre pour moi, la potentialité de préserver le sentiment d’un « chez soi », tout en proposant des habitations individuelles et collectives denses, au cœur même de la ville.

Je voudrais également m’attarder sur les logements collectifs. Profitant de l’aération d’un cœur d’îlot vert, ils disposent de coursives ouvertes sur les jardins. Du coup, ils offrent la sensation d’espaces privatisés, nettement plus appropriables qu’un couloir sombre et lugubre. Les mêmes efforts ont été déployés pour ceux qui ne participent pas directement du cœur d’îlot, et au dire des habitants, à part quelques problèmes de finition (second œuvre), l’opération s’apparente à un succès.


Pour en finir, bien que l’ambition ait été grande pour ce quartier, les espaces publics, en particulier les venelles, souffrent d’un manque d’entretien certain, et quelques plantations en plus ne feraient pas de mal à mon sens… En espérant que les habitants s’approprient davantage ces espaces verts….

Je vous laisse admirer cette opération en photos, je n’ai pas eu le courage d’attendre la nuit, le froid faisant rage en cette époque douloureuse, mais aux dires des habitants, c’est un moment magique.

site des Architectes: http://www.babled-nouvet-reynaud.com
Galeries Photos Disponible ici: http://webarchigram.free.fr/archiphotos/saintes

Dossier d’analyse de l’opération par PAVE (groupe de recherche de l’EAPBX) très intéressant et bien fourni (plans, photos), je vous invite à le lire, notamment les relevés spatiaux et les entretiens exploratoires :cliquer ici pour le consulter

Rudy Ricciotti vs Yves Ballot & Nathalie Franck, Equerre d'Argent 2007

Avec l’annonce des récompenses de l’équerre d’argent 2007, le débat est lancé!

D’un côté deux architectes, lauréats, enseignants à l’école d’architecture de Bordeaux, don’t j’ai souffert l’enseignement en passant, qui m’ont permis, parmi quelques autres, de comprendre et d’apprécier l’architecture, sans forcément qu’elle se présente habillée de verre sérigraphiée. Et de l’autre, les agitateurs, autour du très gauchiste, mais non mois fumeur de cigare, Rudy Riccoti, architecte turlupin. Ce dernier, plutôt fantaisiste s’est donc empressé d’annoncer que du haut de leurs nazins, lui et sa centaine d’architectes vedettes, recuits d’expressionisme structurel et autres gesticulations, allaient bouder le moniteur. Faut pas déconner Rudy n’a même pas été mentionné. Cette année, pas d’image dans amc pour noël! c’est dommage, je commençai à avoir une belle collection…

L’heure est grave, le groupe a même crée un blog pour (se faire le pub?) pour en parler. Le Moniteur, donc, organisateur de ce prix d’architecture, est montré du doigt pour son discours “réducteur” sur l’architecture.
( . Dans ce contexte orageux, quelques audacieux personnages, font de la verve avec éloquence, d’où mon soucis, d’éviter ici les fautes d’orthographes. François Roche, par exemple, toujours prompt à balancer grand-mère dans les orties, coiffe la bande des 100, du coliquet de “100 faux-cul” et rappelle que l’architecture de ces agences “frondeuses” fonctionne à peu de chose près comme l’imprimerie de Guttenberg. Loin de moi l’idée de relayer ces propos excessifs, je suis encore trop jeune pour ne pas chercher à me faire une place au soleil. (cliquer ici pour lire ce brocard épicé).

Vous l’aurez compris, il s’agit ici de tenter de définir l’architecture audacieuse... pour alimenter le débat. ;) Aussi, je vous propose quelques photos des deux bâtiments suivants:







Ecole Nuyens , Bordeaux, Quartier de la Bastide. Une école pour de enfants. Equerre d’Argent 2007. Nathalie franck et Yves Ballot.




Pavillon Noir, Centre chorégraphique d’Aix-en-Provence. Une esthétique de l’aléatoire et du coloriage. Rudy Ricciotti

Ces deux bâtiments reflètent clairement deux visions différentes.

D’un côté, vous pouvez apprécier l’école de Nuyens, où les architectes ont fait le choix de conserver une trace de l’existant, dans un quartier en plein boulversement, où le neuf remplace d’ordinaire l’ancien. Ici cependant, ce sont autour des deux bâtiments existants que les architectes ont choisi de travailler. En proposant une structure métallique fine (je vous invite à vous rendre compte par vous même sur place), qui se développe pour former salle de classes, espace de circulation ou bureau, ils ont su donner une force et une âme à cette école. Les vues sont maitrisées, judiceusement cadrées sur le parc botanique voisin ou sur la Garonne. Le paysage alentour fait parti du projet, il l’accompagne, et les enfants peuvent à loisir en profiter. Les perspectives sont disciplinées, au service d’une véritable promenade architecturale, et là où le métal pourrait commencer à s’essoufler, la pierre ravivée, vient rechauffer de se présence rassurante. Contraste audacieux, au service d’une architecture judicieuse. L’école est déjà appréciée des enfants.


Et de l’aure côté, vous pouvez voir la réalisation de Ricciotti, où se mélangent l’héritage de la pensée structurelle d’un Toyo ito, et sa volonté de boulerser le réel. D’une austérité malicieuse, ce bâtiment se propose d’accueillir des ballets de chorégraphie, à grande échelle. C’est dans l’artificiel et l’apparence d’un objet monolithique mystérieux et déconstruit que rudy pousse la note. Celui-ci plaira certainement aux touristes en mal de Guggenheim dans la région, mais cela reste à mes yeux, une bien belle provocation de formes et de couleurs dans un paysage (la provence) qui n’avait pas besoin de portes jarretelle pour se faire connaitre. Et après plus d’une trentaine de modélisation 3D, le bâtiment fait réagir ses utilisateurs: “l’architecture extérieure est très belle, mais l’architecte n’a pas daigné prendre en compte sa destination: une communauté éducative”, “coins et recoins rendant difficile la surveillance”, “rétrécissements à des passages voyants défiler des centaines de personnes en quelques minutes”, “CDI invivable dès les premières chaleurs (pas de fenêtre), etc. (source: journal régionnal “Le Ravi”, 8 avril 2007).


Il est temps de passer aux lauréats au coeur de cette polémique, à présent. Ils s’expriment dans un article “Débat sur l’Equerre d’Argent: le point de vue des lauréats”
. Il va s’en dire qu’à la lecture de cette réaction, il me faut me confier à vous. Je ne retiendrai qu’une seule phrase, qui démontre parfaitement l’absence totale de fondement de tous ces détracteurs; “Il va de soi qu’une architecture du quotidien se doit d’être ambitieuse” ! ola ! Là où beaucoup pense à tord, que le travail sur la “quotidienneté” d’Yves Ballot et Nathalie Franck se résume à une retenue et à une absence, ces derniers répondent humblement, qu’ils ont été ambitieux… Ceci est tant paradoxal, et tellement énigmatique pour les “100 faux-cul” don’t parlait F.Roche, qu’il ne leur reste plus qu’à retourner à 3Dmax.
En attendant qu’ils se décident un jour, le fossé entre l’architecture et le public grandit.
Nous arrachons à nos campagnes, le peu de vérité qui y subsiste. Nous muséifions nos villes, comme pour mieux éviter d’en tirer les leçons. Nous innondons nos périphéries de pavillons dégénérés . Nous sécurisons nos villes et nos quartiers les plus riches.
Et le pire dans tout ça, c’est que les seules enclaves d’expression architecturale qui nous restent aujourd’hui, sont parasitées de gesticulateur. Alors l’ordinnaire et le quotidien, moi, ça me convient. Surtout quand il est dessiné avec tant de délicatesse et de plaisir que l’école de Nuyens.



Des souvenirs.
“Si le soleil entre dans la maison, il est un peu dans votre coeur.” LC.

La Winery, Patrick Hernandez et Jean-Hugues Seurat


Si vous passez du côté de Castelnau de Médoc (sur la route de Lacanau), n’hésitez pas à passer visiter la Winery. Il s’agit d’un lieu assez unique en son genre dans la region. Pour vous résumer, c’est un espace de rencontre entre le vin et l’art. Autrement dit, c’est la nouvelle adresse pour goûter un pinard avant de l’acheter près de Bordeaux… Un de plus me direz-vous? Pas vraiment, ici, c’est dans au travers d’une structure dépouillé, mais bientôt recouverte de glycines, que vous aurez accès à une multitude d’activités: dégustations, contemplation des oeuvres d’art (plutôt sympatiques en plus), restauration, promenade dans le parc, etc… Vous finirez même par croiser des ânes. (sur la fin, au début, c’est des marchands).
Pour faire vite, mais sans rien oublier, j’ajouterai que si vous prévoyer d’y aller à l’avance, pensez à demander à faire la visite des chais, ça doit valoir le détour je pense. Personnelement, je n’ai pas pu les visiter, hélas. (si vous avez des photos, n’hésitez pas….)




Le site, tout d’abord, est absolument déconcertant, on dirait une aire de repos d’autoroute, ou un espace de méditation en jachère. Par contre, le bâtiment n’en souffre pas du tout, au contraire, il en tire parti. D’un côté, vous serez impressionez par une structure métallique fine et élégante, épurée, très dessinée, très en vogue en ce moment d’ailleurs, qui se retourne autour d’un jardin intérieur et de l’autre un monolithe d’inox étonnant, qui renferme les chais. Autant ce mélange de forme est perceptible en arrivant, autant il disparaît derrière le bâtiment. Le lieu nous appelle donc.
Curieusement, en voulant entrer dans le bâtiment, je n’ai fait que le traverser, en admirant au passage, les structures des serres, déclinées au possible, le jardin intérieur, les perspectives rythmée et l’ordre tenu qui y règne. J’ai joué le jeu, et j’ai flanné en profitant des structures béton bois, toute neuve, toute propre du parc, guidé par un chemin qui n’en fait qu’à sa tête, pour finir au milieu d’un dizaine d’ânes, dont on se demande ce qu’ils peuvent bien faire ici.
En revenant vers le bâtiment, j’ai alors remarqué que le monolithe d’inox avait disparu dans un mouvement de terre, je me suis alors promis d’aller en faire le tour. Puis tout d’un coup, en revenant au milieu des serres, entre coursive et jardin intérieur, j’entends diable, on peut pas être tranquille, une musique venue de nulle part: de la country! Ca tombait bien, il y avait déjà des ânes (?), des chiens rouges et bleus géants et une tortue dorée… vous l’aurez compris, le concept est relativement stupide. On veut nous vendre du vin, et on s’y prends comme des loutres. Et je n’ai pas été déçu par la suite, cave sous serre climatisée, boutique high teck surchauffé par les musicos et cohorte d’américains en manque, ce qui m’a tout simplement scandalisé. Pas une seule senteur en ce lieu, pas une minucule émanation de vin ne m’a bousculé, seul un jeune bryan, bon chic, plutôt chiant, voulait me faire remplir un formulaire. Bon, je suis là pour jouer le jeu, le bâtiment en vaut la peine, je poursuis la visite; toujours sans aucune senteur bien sur.
L’idée est audacieuse, mettre les caves dans des serres, mais on est en droit de se poser la question de savoir si c’est vraiment d’époque… A sa décharge, le bâtiment propose un traitement différent au niveau des chais. Mais j’ai rien vu, je vous le repète!
Pour finir, j’ai fait tranquillement le tour de l’ensemble du bâtiment, et j’ai eu un vrai moment de joie. La façade technique des chais, avec rampe à poids lourd et benne à ordure est fantastique. Les auvents de protection, qui s’extraient du monolithe d’inox semblent suspendus aux nuages, l’effet produit est sensationnel. C’est mon coup de coeur à moi, et si j’étais le propriétaire, je ferai passer les tribus d’amerloques par ici, ça leur donnerait envie de faire des folies.

Pour résumer, entre monastère moderne, esthétiquement irréprochable, au service de la culture de consommation, monolithe mystérieux, au bardage d’inox si graphique, il ne s’agit pas réellement pour moi, d’un temple du vin, mais plus d’un moment d’architecture, d’une promenade d’architecture, que vous seriez bien déraisonnable de ne pas visiter.

A voir:
Ma Galerie Photo complète


La Maison Carré, 1959, Alvar Aalto, Bazoche sur Guyonne.




J’ai eu l’occasion de visiter l’unique bâtiment d’Avar Aalto en France ce weekend. Ca m’économise le billet d’avion pour la Finlande, c’est pas plus mal. Ouverte depuis Août 2007 seulement, cette maison ne se visitera que jusqu’à la fin novembre, pour rouvrir au public au printemps prochain. Ils m’ont précisé cependant qu’ils pouvaient ouvrir pour des groupes d’étudiants, si ça vous intéresse.
A l’avance, je m’excuse pour le peu de photo et pour leur qualité, j’avais pris avec moi un objectif fixe 85mm… spécial portrait donc.
Cette maison unique, aujourd’hui propriété de la fondation finlandaise, regorge notamment de mobilier dessiné par Aalto. Une raison de plus pour la visiter donc. Il s’agit d’une oeuvre particulièrement singulière du travail du maître. On y lit clairement la griffe de l’Architecte: brique, bois laminé, bois courbé, forme organique...

La maison se situe près de la forêt de Rambouillet, dans un parc arboré. Autrefois dégagé, le terrain en pente se prétait volontier à cette longue toiture qui fut la contrainte principale imposée par le maître d’ouvrage, Monsieur Louis Carré, collectionneur et marchand d’art moderne parisien. La maison reflète bien sur le mode de vie de la famille Carré, avec des volumes généreux pour les espaces de réception et une attention toute particulière aux espaces de service. Mais bien que son coût fut pour l’époque élevé, cette maison ne m’a pas paru clinquante ni fastueuse, mais plutôt juste, adapté à la topographie d’une nature accueillante et à l’univers d’une famille huppée.

On accède à la villa par le bas du terrain, en suivant une allée qui nous guide juqu’au côté ouest de la maison. La coupe de la maison s’annonce et se comprends à ce moment là. La transition entre le dehors et le dedans est rythmée par la disparition de la lumière, puis sa réapparition mystérieuse, permet de se plonger pleinement dans la lecture des espaces. La disposition en coupe de la maison est immédiatement perceptible, puisque c’est ici, dans ce hall de réception, qu’intervient la courbe sinueuse du plafond, en bois, nous accompagne en direction du salon. C’est le sens de la maison, vers le sud, vers les larges baies qui cadrent le panorama. Il convient que je vous rappelle qu’à l’époque, le terrain était vierge de tout arbre, alors qu’aujourd’hui, c’est un spectacle différents qui s’offrent à nous. Malgré mes recherches, je n’arrivent pas à savoir si ces arbres ont été planté à la demande de l’architecte, mais il n’empêche que découvrir un tel paysage arboré du fond du hall de réception, et en ne contemplant le bleu du ciel qu’au fur et à mesure de son arrivée dans le séjour, représente pour moi, un vrai sens de la promenade architecturale.

Cette arrivée s’accompagne, comme souvent chez Aalto, d’un précieux emmarchement, qui permet et de créer un effet d’écrasement sur le séjour, et de tendre à accompagner le terrain, dans l’organisation des niveaux de la maison. Je ne saurai vous décrire tous les détails qui font de cette maison de weekend, un hommage à la nature, mais il s’avère que malgré la pluie et le froid, j’ai réellement profité du site. En toute modestie et malgré la profusion de meubles et de matériaux nobles, Alvar Aalto a crée ici, un lieu unique, véritable initiation à l’architecture domestique pour quiconque viendrait à visiter cette demeure.







A voir:
Site internet de la Maison Louis Carré

Je vous conseille vivement la visite de ce site, d'autant plus que je n'ai presque pas de photo d'intérieur.

Architectures Suisses - Valerio Olgiati, Luigi Snozzi, Durrer Linggi, Jurg Schmid

Quelle galerie d’architecture n’a pas fait sa rétrospective sur l’architecture suisse contemporaine ? Le sujet s’épaississant chaque année davantage, la plupart des expositions se veulent démonstratives, plutôt qu’exhaustives. N’empêche, lorsque l’on doit préparer un voyage en suisse, on se demande ce qu’il faut voir en priorité… se faire des dizaines de kilomètres dans la montagne helvétique, pour dénicher les thermes de Zumthor ? défricher la campagne pour trouver une maison de Snozzi ? se faire bousculer devant le poste d’aiguillage d’Herzog et De Meuron ou se contenter de flâner au bord du lac Léman ?


Parmi les favoris, s’illustrent bien sur quelques stars, à la Herzog et De Meuron vendant aujourd’hui leurs âmes de bâtisseur à la Chine, cependant, ma propension à voir du corbu partout, m’invite à m’incliner plus facilement devant la sobriété, la singularité ou encore la finesse de la fertilisation d’un Monte Carrasso par Luigi Snozzi que devant la prouesse technique d’un stade monumental à Pékin.

Valerio Olgiati – Ecole rural de Paspels (Suisse)





Premier bâtiment, premier choc : l’école (!) d’Olgiati à Paspels. Conçu sur la base d’une réduction absolu de signes et de matériaux, ce parallélépipède de béton ne se permet que quelques fantaisies de menuiseries, puisque seules, celles des ouvertures des espaces de circulation sont montées sur la partie extérieure des murs (menuiserie en alliage d’aluminium couleur bronze). D’autre part, seules les salles de classes bénéficient d’un traitement un peu moins « retenu », puisqu’elles sont traitées en bois, du sol au plafond. Le contraste a l’air saisissant. Les plans sont également à voir, tellement ils sont minimalistes. Bien sur les proportions et la finesse d’une écriture suisse pleine de références sont présentes, mais qu’en est-il de son usage de lieu d’enseignement ?




Site Internet de Valerio Olgiati : http://www.olgiati.net/
Publication: 2G sur Valerio Olgiati + DETAIL « building Skins » matériaux, sensualité, esthétique(...) + http://galerie.fskb.ch/qtvr/00_03_sh_paspels/


BREVE INTERLUDE: Projet à l’écriture voisine, mais à usage domestique. No Comment, juste pour le plaisir. Agence Pezo Von Ellrichshaussen - Poli House, Chili.
PEZO VON ELLRICHSHAUSEN ARCHITECTS







(fin de l'interlude...)

Luigi Snozzi – Ecole de Monte Carasso

Autre lieu, autre architecte, autre projet ; Luigi Snozzi est très attaché à Monte Carasso, une petite commune du Tessin (Suisse) qu’il a accompagné durant quelques années, dans son développement urbain. (Mairie, 1980, école primaire 1993, gymnase, 1984, cimetière, 1990, parc de jeux, 1984, centre sportif, 1985). Aîné de l`école tessinoise (qui comprend notamment Mario Botta et Livio Vacchini, récemment décédé (auteur de l’école d’architecture de Nancy), il a peu construit, alors qu’il est très sollicité partout dans le monde. Voici un premier projet singulier qu’il a réalisé : l’école de Monte Carasso. Il s’agit d’une réhabilitation lourde (15 ans) d’un ancien couvent. Il faut bien comprendre qu’au-delà de l’esthétique d’un tel lieu chargé d’histoire, et finement réhabilité, ce travail est à replacer dans un processus original de planification urbain où les règles d'établissement et les normes de construction peuvent continuellement être remises en question dans l'approfondissement de chaque projet. Au rythme d’un projet par an, environ, Snozzi a fait de Monte Carasso une référence architecturale et urbaine. Voici quelques vues de ce lieu unique :





Passionné par l’œuvre de Frank Lloyd Wright, Snozzi représente aujourd’hui le renouveau d'une architecture à la fois locale et critique à l'égard du régionalisme. Bien sur, pour bien comprendre sa démarche, il faut replacer ce travail dans son contexte « tessinois » bien particulier. Il est aujourd’hui professeur d`architecture à l`Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, et explique régulièrement en conférence, son approche et sa démarche.



Autre projet pour aujourd’hui, la Maison Bernasconi, toujours de Luigi Snozzi, réalisée en 1989 à Carono (Suisse). Situé à flanc de colline, cette maison se développe sur trois niveaux, mais elle se découvre du dehors, puisqu’elle « s’étale » en plusieurs entités, deux modules parallélépipédiques en béton brut, répartis dans un jeu de nivellement, autour d’un jardin parfaitement maîtrisé, dominant une grande esplanade publique. Remarquez l’audace des proportions, et des matériaux ! Les vues sont maîtrisées, le cadrage est élaboré. N’y aurait-il pas un style suisse ?






Pour finir, je vous remets une petite couche d’architecture suisse, avec le projet de l’agence Durrer Linggi et de l’agence de Jurg Schmid, que j’affectionne tout particulièrement. Notamment à la lecture des œuvres précédemment citées. Mon allemand étant particulièrement lamentable, il me semble qu’il s’agit de deux bâtiments de logement associés à une salle à vocation municipale (resto, expo), réalisés à la suite d’un effondrement de terrain à l’automne 2000…. Nonobstant cette histoire, ce projet constitue un véritable noyau urbain, au cœur d’un village, où règne une formidable cohérence du neuf et de l’ancien. Et j’apprécie d’autant plus que le style est soignée. Réalisation délicate et précieuse qu’il me plairaît à mieux connaitre.








Liens Internet:
Durrer Linggi - Jurg Shmid
VIDEO: http://www.art-tv.ch/gondo.html