Alexandre Chemetoff - 102 logements à Blanquefort

Pas de compromis !

Dernière visite en date, l'opération de logement d'Alexandre Chemetoff à Blanquefort. Il s'agit d'un ensemble de 102 logements avec jardin dont 61 en locatif social et 41 en accession aide. Deux typologies cohabitent, la maison à patio de plain-pied avec une serre et la "longère" avec un étage.


Tout d'abord, un chantier exemplaire, j'ai eu l'occasion de passer devant de nombreuses fois. Refends maçonnés et murs bois préfabriqués en atelier. Les maisons sont montées à toute vitesse. Gain de temps, économie du projet, etc. Un chantier maitrisé !
D'un point de vue architectural, je dois dire que j'ai été plutôt séduit. Pour du logement social (ou presque), il est rare de voir autant de détails... du bois, du métal, des toitures végétalisées, des récupérateurs d'eau en inox... je vous invite à apprécier sur la galerie la mise en place du végétalisé et l'absence d'acrotère, ou encore le détail des serres, plutôt sympa. Le parti pris écologique, tellement boulevardier, est ici parfaitement assumé. Les toitures plantées offrent la régulation thermique nécessaire, les eaux de pluie sont contenues, les jardins sont plantés ! Même les stationnements sont en "evergreen"...
Bien sûr, je trouve le détail de la remontée d'étanchéité sur les refends, un peu rude, ou encore les lames de bois à claire voix devant certaines fenêtres, inutiles... mais je chipote. C'est un projet minutieux et parfaitement maitrisé. A visiter !

Les logements ont l'air très agréables, avec des jardins pour tous. Les maisons type T3 et T4 profitent même d'une cour, d'un patio et d'un jardin et les plans sont plutôt habiles. Rien à dire.

En revanche, et c'est là que je voulais en venir, d'un point de vue urbain, j'ai de sérieux doutes sur l'opération. Je m'explique.
Alexandre Chemetoff est un architecte paysagiste que l'on peut qualifier de contextuel. De la série de conversations qu'il a pu tenir avec divers invités à Arc en rêve récemment, et au travers des nombreuses réalisations qu'il a pu réaliser (Nancy, Nantes, Lyon, Grenoble ou encore Angoulême), on s'aperçoit qu'il considère attentivement les lieux de ses projets. Il paraît véritablement attaché à la situation dans laquelle il construit.
Pourtant à Blanquefort, on ne peut pas vraiment dire que son projet trouve sa force dans son contexte. Il lui fait la gueule! Blanquefort est une banlieue industrielle de Bordeaux, remplie de ronds-points et de pavillons couleur pastel. Quand au centre ville, à peu de choses près, il est recouvert d'immondes bâtiments post modernes, œuvres d'architectes sans éthique. Tout ça baigné d'enrobé bitumeux... Quand au site, trois hectares de pelouse grillagée, à la lisière de la zone industrielle, près d'une voie ferrée et d'un lotissement, il n'a pas du coûté trop cher... Le projet de Chemetoff ne semble pas dialoguer avec lui. On comprendrait presque pourquoi sur cette photo:

Mais dans ce type de contexte, on ne peut pas lui en vouloir. Combien d'architectes se sont vu proposer un tel site, lors d'un concours de logements...
En revanche, je trouve le plan masse assez "sec". Avec ces alignements de murets ou encore ces grands pignons aveugles, il manque d'originalité. Certes, des placettes ont été aménagées de temps en temps, mais on est loin de la richesse d'un querreux charentais ou plus simplement du pittoresque d'un tissu ancien, même mineur.
En se posant la question, on s'aperçoit que la principale différence entre ce type d'opération et la morphologie urbaine des tissus anciens est le temps. Ici, tout est décidé par avance, assujettis à un plan masse. Je conçois que l'urgence et la nécessité de la construction de logements ne laissent guère de temps aux compositions pittoresques, autour d'espaces semi-privatifs et autres bizarreries. Mais n'est-ce pas cela, avec les qualités propres des logements qui participent de la réussite d'un quartier?

Alain Collen, directeur général de la Semi de Blanquefort, maître d'ouvrage du projet, explique le projet comme une "façon de revoir à la mode contemporaine l'échoppe bordelaise"... (rire général...) A quoi bon parler d'échoppe, si l'on n'en comprend pas la singularité de son tissu urbain? Ici, on est hors la ville, on est au bord de la route. A quoi bon favoriser des piétons et des vélos si on invite les habitants à vivre avec deux voitures?
Ce projet mérite d'être connecté à la ville, pour le bien être de ces propres habitants. Ce projet mérite un contexte ! Pas de compromis !

Galerie photos complètes - cliquer ici

Camillo Sitte - Der Städtebau nach seinen künstlerischen Grundsätzen

Camillo Sitte - L'art de bâtir les villes
L'urbanisme selon ses fondements artistiques.

Gros coup de cœur de la semaine: le petit ouvrage de Camillo Sitte, "l'art de bâtir les villes / L'urbanisme selon ses fondements artistiques", 1889. C'est à la lecture d'un certain nombre d'articles de Françoise Choay, dans "Pour une anthropologie de l'espace", que j'appris même l'existence de cet architecte et historien d'art viennois. Il faut dire que l'école d'architecture de Bordeaux s'intéresse surtout aux théories saugrenues du mouvement moderne. Pourtant, dans les années soixantes, lorsque ces théories furent remises en question, Camillo Sitte, jusque là décrié comme un passéiste par les corbuséens, fut à juste titre redécouvert. Souvent cité par les postmodernes ou encore les conservateurs des villes anciennes, Camillo Sitte n'est pourtant pas le défenseur de ces théories fumeuses. Le deuxième titre de son ouvrage, "l'urbanisme selon ses fondements artistiques" nous indique clairement que son analyse des tissus anciens repose avant tout sur leur dimension esthétique. Je vous invite à lire cette petite bible de la morphologie urbaine, sans doute la plus pertinente que je n'ai jamais lue. Et vous y apprendrez peut-être que la ville d'aujourd'hui peut s'appréhender au travers de la ville du passé, à condition que celle-ci soit regardée et comprise avec justesse.
Plus personnellement, je considère son étude systématique des plans de places anciennes comme une véritable invitation au voyage ! Sous la diversité des styles et des formes périmées qu'il analyse, il est à la recherche d'invariants nécessaires à la fabrication de nos villes, de dénominateurs communs intemporels.
A l'heure où la production urbaine se soumet au jougs des théories de la congestion ou encore de la ville générique, il me semble utile de lire ou relire Camillo Sitte, de faire quelques voyages dans nos grandes villes du passé, et d'en revenir plus sage.

Architecte dplg Bordeaux & Freelance disponible !


Ah, j'oubliais !
Après une petite année passée à l'agence Nadau Lavergne Architectures à Bordeaux, je me lance officiellement à mon compte !
Je vais pouvoir me mettre pleinement sur mes projets personnels. A venir, des projets bois, quelques maisons, un peu de modélisation et d'image !
Bien sûr, je vais continuer à évoluer, en freelance, dans les agences que j'apprécie, pour tout ce que j'y ai encore à apprendre.
Peut-être un peu plus de temps pour les concours, les photos et pourquoi pas, me remettre au graphisme !

Maison Individuelle plain pied + patio - Esquisse

J'ai la chance d'être contacté de temps en temps, via ce blog, par des particuliers qui me font l'honneur de me faire confier leur projet.
Ainsi, je tenais à vous présenter le projet suivant, toujours à l'étude, qui a le mérite de pourvoir à une commande originale. Les clients souhaitaient en effet une maison-appartement, de plain pied, organisée entièrement autour d'un grand patio. Ils ne souhaitaient pas avoir de contact direct avec le jardin.
Cette demande m'a immédiatement fait pensé à la villa Weil/Frapotal de Jean Dubuisson dans des proportions certes plus mesurées (250m², contre 700m² pour la villa Weil), dont le plan, après tout, n'est pas sans rappeler celui d'un étage courant d'un immeuble de grande hauteur, notamment l'immeuble Maine Montparnasse . Jean Dubuisson est à, mes yeux un des représentants majeurs de l'architecture des trente glorieuses, au même titre que Pouillon, Guillet, Candilis, Prouvé, etc. Autour d'un travail sur les refends porteurs, il met véritablement en scène, l'omniprésence du paysage, par des jeux de terrasses, des prolongements de pièce sur patio ou plus simplement des cadrages. A visiter d'urgence !

Jean Dubuisson Villa Weil/Frapotel non loin de Senlis 1970

Les clients m'ont également demandé de respecter un sens de circulation dans l'organisation des espaces de vie. J'ai donc opté pour une volumétrie simple, organisée autour du patio central majeur, tout en offrant des cadrages sur des jardins/terrasses extérieurs pour animer ce parcours. Côté patio, des volets bois sur pivots permettent de fermer la maison par rapport au jardin. Bref; une maison-appartement qu'il m'aurait plu de dessiner plus en détail, le client m'ayant proposé de continuer sur la base d'un plan un peu différent. A suivre.

Perspective du séjour en entrant dans la maison. Au fond à droite, la family room.

Perspective du séjour, à gauche la cuisine, au fond l'entrée.

Perspective du jardin entre une chambre et la family room.


Perspective du patio depuis le bassin.

Perspective de la cheminée extérieure dans le patio central.

Concours Europan 10 - Architecture et Urbanisme


On remet le couvert !

Pour 2009, plein de projets dans la tête, mais surtout peu de temps à y consacrer... Nous avons récemment participer à Europan 10, avec trois amis, deux architectes et un paysagiste. Mais malheureusement, les résultats ne sont qu'en janvier 2010, et je n'ai pas le droit de trahir l'anonymat de notre proposition. Europan est un concours d'idée organisé tous les deux ans, sur un thème spécifique et ouvert aux jeunes concepteurs européens de moins de quarante ans. Je n'avais pas eu l'occasion d'y participer la dernière fois, et je dois dire que je suis ravi d'avoir pu, non sans douleur, mettre ma pierre à l'édifice. Nous avons choisi la ville de Saintes, comme terrain d'étude, autour de la problématique de la reconversion de l'ancien hôpital du site Saint-Louis, aujourd'hui en friche. A suivre.

Durée du concours : environ 3 mois
Coéquipiers:
François-Xavier BOUSSARIE Architecte
Freddy CHARRIER Paysagiste
Kevin Imbourg Architecte

Projet de maison individuelle - Esquisse en cours

N'ayant pas eu beaucoup de temps ces dernières semaines pour écrire quelques lignes, je vous propose ces quelques images d'un projet qui me tient à cœur.
Il s'agit d'une esquisse de maison individuelle, de 120m² habitables. Orientée plein sud, sa longue façade vitrée bénéficie d'un large débord de toit la protégeant ainsi de la chaleur de l'été, tout en lui permettant de bénéficier des rayons bas du soleil d'hiver. La maison dialogue ainsi pleinement avec son jardin. Le projet étant en cours de réalisation, je ne m'étendrai pas davantage.

Perspective générale

Perspective du jardin

Perspective du séjour depuis le salon

Perspective du séjour depuis la cuisine

Perspective de l'espace repas

Perspective de la family-room

Perspective de la chambre principale


Concours d'idées CAUE 17 – La Rochelle, Charente Maritime


Voici notre proposition de projet pour le concours d'idée organisé par le CAUE de Charente Maritime, sur le thème de l'habitat individualisé compact.

Le territoire d'intervention

Notre territoire d'intervention se situait sur la commune de Lussant, un "village rue" à proximité de Rochefort. Paradoxalement, ce village profite économiquement de la traversée de la départementale, mais en revanche, comme c'est souvent le cas, de nombreux problèmes se posent: village coupé en deux, problème de lisibilité, etc.
Nous avions le choix de différentes parcelles, pour établir une proposition de densification du village, en intégrant du logement individuel groupé: un vaste terrain en périphérie du village: les Fontenelles, l'arrière de la mairie, et à proximité des équipements sportifs.
Nous avons cependant fait le choix de ne pas construire de logement à l'arrière de la mairie, en proposant d'une part, une hall, comme lieu de manifestation (marché, fête du village, etc.), d'autre part en conservant le vide existant, offrant ainsi la possibilité d'interférer avec le flux de la départementale, et pour finir, nous proposons de conserver et de réhabiliter les équipements sportifs existants. Cet immense vide au cœur du village est une chance pour Lussant, nous ne pouvions accepter l'idée de le perdre.

Profitant de cette nouvelle place de la mairie, nous avons proposer une unique voie déservant en son centre, le territoire des fontenelles, permettant ainsi de passer d'un village rue à une forme de bourg giratoire.
Nos logements s'organisent de part et d'autre de cette nouvelle voie. D'un côté, nous avons cherché à établir une continuité avec le bâti existant, au travers de maisons à patios sur "querreux" et de l'autre, nous avons développé des maisons sur pilotis, ouvertes sur le paysage. De plus, un maillage de connexions piétonnes assurent la continuité avec le village.
Autour de six espaces publics majeurs nouvellement crées ou simplement requalifiés (mairie, place du commerce, place des école, place du puits, bibliothèque), notre proposition définit de nouveaux rapports entre espace privé et espace public.


Habiter la campagne nécessite de se poser la question du rapport que l'on souhaite entretenir avec elle. Ici, l'enjeu est d'accueillir une nouvelle population de primo accédants, travaillant pour la plupart sur les communes de Rochefort, ou de La Rochelle. Imaginer de nouvelles formes d'habitat pour cette population était pour nous l'occasion d'approfondir l'idée d'un rapport plus authentique, plus sincère avec la campagne.

Nous avons ainsi proposé un groupement d'habitats individuels, mais gérés collectivement. Autour d'un "écoconcierge", garant de la continuité des activités agricoles existantes, notre projet s'apparente à un "éco-village" aux multiples facettes: mixité des usages, gestion collective des déchets et du chauffage, stationnement collectif repoussé à l'extérieur, jardins à partager, potagers extérieurs, piscine naturelle collective, vergers, espaces verts entretenus par les animaux, etc...

Les logements sur patios



Organisées autour d'espaces collectifs paysagés (querreux) et desservies par des venelles traversantes, les maisons sur patios bénéficient d'un système constructif préfabriqué permettant de développer une grande variété d'organisation. Chaque maison profite donc d'un, deux ou trois patios, permettant d'agrandir l'espace intérieur. Nous avons de plus, proposé un panel de revêtement extérieur permettant à chacun de personnaliser sa maison. L'organisation en plan des maisons par rapport aux autres, permet de développer une richesse d'espaces collectifs extérieurs, appropriés au partage et à la rencontre.

Les logements sur pilotis



Autour de jardin collectifs à partager, cet habitat se compose d'un assemblage de maisons individuelles où le dessous de la maison représente l'espace privatif extérieur, librement appropriable par chaque habitant. Chaque maison est individualisée et décalée légèrement par rapport à sa voisine, offrant ainsi un point de vue à chacun sur le paysage des fontenelles. Nous avons fait le choix d'une structure à portique métallique pour des raisons économiques, mais également pour adapter nos constructions à la pente du terrain. comme pour les autres maisons, la possiblité est offerte à l'acquéreur de choisir l'enveloppe de sa maison.
Un généreux débord de toit, ainsi qu'un système de ventilation assistée naturelle nous a également permis d'orienter chaque maison au sud, et de limiter ainsi les problèmes de vis à vis.

Profitant de systèmes constructifs économiques, nous avons proposé pour l'ensemble de nos habitations, des surfaces habitables plus généreuses. Nous avons également pris soin d'offrir des espaces plus lumineux, tout en portant une attention toute particulière à l'intimité des foyers.
En outre, chacune des typologies de logements est déclinée: maisons sur patios RDC, maisons sur patios R+1, maisons sur pilotis avec jardins collectifs, maisons sans pilotis avec jardins privés. De cette manière, nous espérons offrir une réponse variée, aux multiples attentes des futurs propriétaires. Concernant l'évolution des cellules familiales, la mise en œuvre d'une family room (bureau, tv, chambre, extension salon), pour l'ensemble de nos maisons permet d'offrir une souplesse d'adaptation et de variation.

Sans prétendre à apporter la solution la plus juste pour la commune de Lussant, nous voyons ce projet comme une proposition de "Vivre ensemble en milieu péri-champêtre". Nous l'entendons comme une réponse au développement insensé des lotissements d'habitat pavillonnaire. Cependant, ce projet trouve sa légitimité dans la singularité du village de Lussant, et ne doit pas être regardé comme un modèle de catalogue.

Durée du concours : environ 3 mois

Participants : 6 équipes sélectionnées sur Dossier de Candidature.

Coéquipiers:
Sophie BROUSTAL urbaniste
Renaud LOISEL architecte

Camille FLORENT paysagiste

Philippe PEYREFITTE architecte
Organisateur : CAUE de Charente Maritime

Galerie Photos du projet: CLIQUER ICI.
Consultation du carnet au format pdf - cliquer ici.

EDIT: PROJET LAUREAT
(3 Lauréats+1mentionné) - PUBLICATION EN COURS